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Suivre Jésus sur le chemin royal de la Croix

19 mars 2013
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Réflexion biblique pour le dimanche des Rameaux C
Cette année, au dimanche des Rameaux, nous entendons deux parties de l’évangile de Luc – le premier à la bénédiction des Rameaux et le second lors de la lecture du récit de la Passion. Avec l’entrée royale de Jésus à Jérusalem, (19, 28-21,38) une nouvelle section de l’évangile commence – le ministère de Jésus à Jérusalem avant sa mort et résurrection.
Dans un élan d’enthousiasme, le peuple de Jérusalem a agité les palmes et accueilli Jésus comme il entrait dans la ville, monté sur un âne. L’acclamation : «Béni soit le roi qui vient au nom du Seigneur » (v.38) est présente seulement dans l’évangile de Luc où est explicitement donné à Jésus le titre de roi lorsqu’il entre en triomphe dans Jérusalem. Luc a inséré ce titre dans les paroles du psaume 118,26 qui annonçait l’arrivée des pèlerins venant vers la ville sainte et au temple. Jésus est acclamé comme roi et comme celui qui vient (Malachie 3,1; Luc 7,19). L’acclamation des disciples: « Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux» fait écho à l’annonce des anges à la naissance de Jésus (Luc 2,14). La paix que Jésus apporte est associée au salut qui doit être accompli à Jérusalem. Il y a une unité interne entre les récits de l’enfance et la passion de l’évangile de Luc.
Luc est lié à Marc pour la composition du récit de sa Passion (22,14-23.56) mais il a incorporé beaucoup de sa propre tradition dans le récit. On distingue plusieurs parties dans le récit de la Passion de Jésus dans Luc: 1 la tradition de l’institution de l’Eucharistie (22, 15-20); 2 Le discours d’adieu de Jésus (22,21-38); 3 Le mauvais traitement et l’interrogation de Jésus (22,63-71); 4 Jésus devant Hérode et sa seconde apparition devant Pilate (23,6-16); 5 les paroles adressées aux femmes qui suivaient le chemin de croix (23, 27-32); 6 les paroles au larron pénitent (23, 39-41); 7 la mort de Jésus (23,46, 47b-49).
La palme du triomphe et Croix de la Passion
La figure paisible de Jésus s’élève au-dessus de l’hostilité et de la colère des foules ainsi que du processus légal. Jésus reste un vrai modèle de réconciliation, de pardon et de paix. Au milieu de sa propre agonie et de son procès, nous réalisons la passion profonde de Jésus pour l’unité: il est capable de rendre amis même Pilate et Hérode (23,12). Luc présente Jésus sur la croix, pardonnant à ses persécuteurs (23,34) et Jésus mourant autorise même un voleur à voler le paradis! (23,43).
Partout dans son récit, Luc souligne l’innocence de Jésus (23,4; 14-15,22) qui est la victime des pouvoirs du diable (22,3; 31; 53) et qui va à la mort dans l’accomplissement de la volonté de son Père (22,42.46). Luc accentue la miséricorde, la compassion et le pouvoir guérisseur de Jésus (22,51; 23,43) qui ne va pas à la mort seul et abandonné, mais est accompagné par d’autres qui le suivent sur le chemin de croix. (23,26-31, 49).
Dans le récit émouvant de Luc, la palme du triomphe et la croix de la Passion ne sont pas une contradiction. À l’intérieur repose le cœur du mystère proclamé durant la Semaine Sainte. Jésus s’est donné lui-même volontairement à la Passion, il n’était pas écrasé par des forces plus grandes que lui. Il fit face librement à la crucifixion et a triomphé de la mort.
Des modèles sur le chemin de la Croix
Sur le chemin de la croix, Luc nous offre des modèles qui nous apprennent à vivre dans nos vies quotidiennes la Passion de Jésus comme un itinéraire vers une résurrection. Alors que Jésus est amené du palais du gouverneur aux pentes rocailleuses à l’extérieur des murs de la ville où les exécutions publiques ont lieu, ils tirent Simon de Cyrène, un passant, pour porter la croix de Jésus (23,26). Les mots de Luc montrent clairement qu’il voit dans la figure de Simon une image de la manière d’être disciple : Simon prend la croix de Jésus et la porte « derrière Jésus ».
La phrase est identique dans l’enseignement de Jésus sur le fait d’être disciple : « Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple. » (Luc 14,27). Ceux qui veulent vivre à la manière de Jésus doivent accepter de donner leur vie pour les autres. Le simple fait de porter la croix n’est pas ce qui est le plus important. Tant de personnes dans ce monde souffrent dramatiquement: chaque personne, chaque famille a sur ses épaules des peines et des fardeaux à porter. Ce qui donne la pleine signification à notre croix est de  la porter derrière Jésus, non dans la solitude angoissée, en errant sans espoir ou en rébellion, mais plutôt en étant soutenu et nourri par la présence du Seigneur.
Nous lisons en Luc 23,27, « Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus. » Un partage qui consiste seulement en quelques paroles de compassion, même accompagné de larmes, n’est pas suffisant. Chacun de nous doit être conscient de sa propre responsabilité dans le drame de la souffrance spécialement dans la souffrance du juste et de l’innocent. Les paroles de Jésus dans Luc 23,31 nous invite à lire l’histoire des individus et des communautés d’une façon réaliste. « Car si ces choses sont faites quand le bois est vert, qu’est ce qui arrive quand c’est sec? Cela veut dire : si l’innocent est celui qui est frappé en route, qu’arrivera-t-il à ceux qui sont responsables du mal qui survient dans l’histoire des individus et des nations?
Jésus n’a pas compris son existence sur la terre comme une recherche de pouvoir, ni comme une course au succès ou à une carrière, comme un désir de dominer les autres. Au contraire, comme nous le lisons aujourd’hui dans la seconde lecture de la lettre de saint Paul aux Philippiens, il céda les privilèges du fait d’être l’égal de Dieu pour prendre la forme de serviteur et devint comme les hommes et fut obéissant au projet du Père jusqu’à la mort sur une croix (Phil 2, 6-11). En commémorant les événements de la Semaine Sainte, nous faisons beaucoup plus que rappeler la souffrance et l’entrée dans la gloire du Seigneur. La puissance salvifique de sa Mort et de sa Résurrection nous pénètre. Jésus devient lumière et salut pour chaque individu et pour toute l’humanité.
25e anniversaire de la Journée mondiale de la jeunesse
Cette année nous fêtons le 25e anniversaire de l’institution de la Journée mondiale de la jeunesse au dimanche des Rameaux. Le pape Benoît XVI a récemment déclaré : « Nous fêtons cette année le vingt-cinquième anniversaire de l’institution de la Journée Mondiale de la Jeunesse, voulue par le Vénérable Jean-Paul II comme rendez-vous annuel des jeunes croyants du monde entier. Ce fut une initiative prophétique qui a porté des fruits abondants, permettant aux nouvelles générations chrétiennes de se rencontrer, de se mettre à l’écoute de la Parole de Dieu, de découvrir la beauté de l’Eglise et de vivre des expériences de foi fortes qui ont conduit de nombreux jeunes à décider de se donner totalement au Christ. »
Les Journées mondiales de la jeunesse, telles que conçues, attirent autant de participants que possible et demeurent un vivant mémorial au regretté Pape Jean-Paul II, qui avait compris instinctivement pourquoi les jeunes répondraient de la sorte. En concluant la messe de remerciement au pape Benoît XVI pour sa participation à la Journée mondiale de la jeunesse en Australie, le cardinal George Pell de Sydney, a dit que la Journée mondiale de la jeunesse agit comme un antidote des image du catholicisme en déclin ou effondrée par la controverse. « Cela montre que l’Église comme elle est réellement, vivante d’une énergie toute évangélique. »
Le cardinal Pell a conclu avec des paroles prophétiques:
Votre Sainteté, les Journées mondiales de la jeunesse sont l’invention du Pape Jean-Paul le Grand. La Journée mondiale de la jeunesse à Cologne fut annoncée avant votre élection. Vous avez décidé de continuer les Journées mondiales de la jeunesse et de tenir celle-ci à Sydney. Nous sommes profondément reconnaissants pour cette décision, qui montre que les Journées mondiales de la jeunesse n’appartiennent pas à un pape, ou même à une génération, mais  qu’elles font maintenant partie de la vie de l’Église. La génération Jean-Paul II –jeunes et vieux ensemble – est fière d’être des fils et filles fidèles du pape Benoît.
En souvenir de la Journée mondiale de la jeunesse 2002
Permettez-moi de conclure en partageant les paroles profondément émouvantes du pape Jean-Paul II dans son homélie finale au Canada à la Journée mondiale de la jeunesse à Toronto. Nous avons besoin d’entendre ces paroles, maintenant plus que jamais.
Même une petite flamme qui vacille soulève le lourd manteau de la nuit. Combien plus de lumière pourrez-vous faire tous ensemble, si vous êtes proches les uns des autres dans la communion de l’Eglise! Si vous aimez Jésus, aimez l’Eglise! Ne vous découragez pas devant les fautes et les manquements de certains de ses fils! Le préjudice causé par certains prêtres et religieux à des personnes jeunes et fragiles nous remplit tous d’un profond sentiment de tristesse et de honte. Mais pensez à la grande majorité des prêtres et des religieux qui vivent généreusement leur engagement, et dont l’unique désir est de servir et de faire le bien! Aujourd’hui, il y a ici beaucoup de prêtres, de séminaristes et de personnes consacrées:  soyez proches d’eux et soutenez-les! Et si, au plus profond de votre coeur, vous entendez résonner le même appel au sacerdoce ou à la vie consacrée, n’ayez pas peur de suivre le Christ sur la voie royale de la Croix! Dans les moments difficiles de l’histoire de l’Eglise, le devoir de la sainteté devient encore plus urgent. Et la sainteté n’est pas une question d’âge. La sainteté, c’est vivre dans l’Esprit Saint.
Puisse le Vénérable pape Jean Paul II continuer de veiller sur nous et nous bénir depuis sa fenêtre de la maison du Père.
« Paroles faites chair, volume 3, année C » sera publié par la Conférence des Evêques catholiques du Canada dans le courant de l’année 2013.  Il est toujours possible de commander votre exemplaire de « Paroles faites chair, volume 2, année B », pour cela visitez notre boutique sur le site seletlumieretv.org/boutique. Pour recevoir le recueil de l’année C, veuillez-vous inscrire sur notre lettre d’infos qui vous annoncera la sortie de ces réflexions sur l’Année C. seletlumieretv.org/sabonner
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